L’un des éléments clés du programme de terre des hommes schweiz (tdh) est l’autonomisation des jeunes afin qu’ils·elles deviennent des acteurs et actrices du changement. terre des hommes schweiz soutient ses organisations partenaires et des projets gérés par des jeunes qui s’efforcent de promouvoir une culture de la paix dans des pays tels que le Brésil, la Colombie et le Salvador. Dans ces environnements caractérisés par un espace de la société civile réduit et une tendance à la polarisation, il est particulièrement important de favoriser la cohésion sociale, en particulier chez les jeunes. Cependant, ces contextes politiques entraînent de nouveaux risques dans la mise en œuvre de projets de consolidation de la paix, à l’instar de menaces publiques et de tentatives de criminalisation et de délégitimation des organisations de défense des droits humains. Face à ces défis, terre des hommes schweiz tente d’innover en terme de stratégies et modèles de financement.
Dans un premier temps, des fonds d’urgence ont été alloués pour répondre à des situations d’instabilité et de fragilité. Ces derniers permettent à l’organisation de faire preuve d’agilité face aux risques sécuritaires croissants et de contribuer financièrement à la protection des défenseur·euses des droits humains. Ils peuvent également être utilisés pour soutenir les mesures de soutien psychosocial ou juridique que les organisations partenaires proposent à leurs membres. Ces dernières années, il est devenu évident que des fonds supplémentaires disponibles sont essentiels au renforcement de la résilience de la société civile lors de périodes de crise.
Il est également clair que la société civile offre des espaces privilégiés permettant une analyse, une stratégie et un plaidoyer collectifs dans les pays touchés par la montée de l’autoritarisme et de la violence. Ainsi, terre des hommes schweiz prévoit d’allouer des fonds supplémentaires à ces réseaux de la société civile, et en particulier à celles et ceux qui sont stratégiquement impliqué·es dans la lutte contre les tendances anti-démocratiques.
Grâce à des stratégies de financement ouvertes et flexibles, terre des hommes schweiz fait la promotion d’initiatives qui échappent aux programmes de financement classiques. Ces subventions servent de test pour les jeunes activistes. Elles leur permettent de bénéficier de solutions non conventionnelles et favorisent l’activisme des jeunes issu·es des couches populaires. Cette approche favorise également l’émergence de nouveaux·lles acteur·rices de la société civile. Renforcer les organisations locales menacées signifie également permettre un financement central plus important et moins restrictif en ce qui concerne les frais dits « généraux » (dépenses indirectes nécessaires au fonctionnement d’une organisation, telles que les coûts administratifs et opérationnels) dans les budgets des projets.
Le financement du Forum de la société civile sur la sécurité publique dans le nord-est du Brésil, qui vise à coordonner les activités de plaidoyer des ONG en matière de politiques de sécurité dans neuf États fédéraux est un excellent exemple de financement central flexible. Le soutien financier à court terme de terre des hommes schweiz devrait permettre à ce réseau de couvrir les frais liés à l’organisation de conférences axées sur l’élaboration de propositions de politiques publiques.
Pour terre des hommes schweiz, repenser et diversifier les modèles de financement est une étape cruciale dans la mise en place de partenariats équitables en accord avec la nécessité de « décoloniser l’aide ». Devant la fragilité de la démocratie et la pression accrue sur la société civile à travers le monde, terre des hommes schweiz commence à explorer des modèles participatifs de subventions.
Ces modèles participatifs désignent des modes de financement dans lesquels le pouvoir de décision est partagé avec les communautés ou les organisations bénéficiaires. Ces dernières sont ainsi impliquées dans l’ensemble du processus d’attribution des subventions, depuis l’identification des besoins jusqu’à la sélection des projets ou des initiatives à financer. Cette approche permet d’inverser la dynamique de pouvoir dans les processus traditionnels d’octroi de subventions et de développer des partenariats plus équitables.
Dans le cadre du développement, ce processus de réflexion est important et nécessite un apprentissage commun et un échange d’expériences, ainsi qu’un débat stratégique avec les bailleur·euses de fonds institutionnels et les fondations.