Depuis 2018, le régime autoritaire d’Ortega-Murillo au Nicaragua a intensifié une répression systématique contre les voix dissidentes, surtout celles des défenseur·ses des droits humains, journalistes et membres de la société civile. Plus de 5’600 ONG ont été fermées, des dizaines de journalistes forcé·es à l’exil, et au moins 450 personnes ont été déchues de leur nationalité. Cette répression s’accompagne d’une crise économique, politique et sociale profonde, qui a forcé près de 350’000 personnes à fuir, la majorité vers le Costa Rica.
La violence étatique dépasse les frontières du Nicaragua
En juin 2025, Roberto Samcam, écrivain, ancien militaire et voix critique du régime, a été assassiné à San José (Costa Rica). Son épouse Claudia Vargas, défenseuse féministe exilée, a pris la parole trois mois plus tard devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Elle y a dénoncé la multiplication des attaques contre les personnes réfugiées nicaraguayennes et appelé la communauté internationale à réagir.
Même en Suisse, l’équipe de PBI a rencontré des personnes d’origine nicaraguayenne qui préfèrent que leurs articles restent anonymes ou refusent de participer à des événements, par peur des représailles envers leur famille au Nicaragua. Dans le pays, les rares activistes ou journalistes indépendant·es toujours actif·ves opèrent désormais dans la clandestinité.
Face à cette répression transnationale, la mobilisation conjointe des défenseur·ses et des réseaux internationaux est plus cruciale que jamais.
Du Costa Rica à Genève : un plaidoyer essentiel
Depuis 2019, PBI soutient les défenseur·ses nicaraguayen·nes en exil à travers un projet au Costa Rica, le seul de PBI à impliquer des personnes en dehors de leur pays. L’objectif : renforcer leur sécurité, leur bien-être psychosocial et leurs capacités d’action tout en relayant leurs appels auprès des instances internationales. Dans ce cadre, une délégation de défenseur·ses a été invitée à Genève en septembre dernier pour des actions de plaidoyer auprès de missions diplomatiques et de l’ONU.
Aux côtés de Claudia Vargas figuraient également Joao Maldonado, activiste nicaraguayen survivant de deux tentatives d’assassinat au Costa Rica et de 13 balles tirées contre lui, et sa compagne Nadia Robleto, journaliste, elle aussi rescapée et aujourd’hui en fauteuil roulant. « Je suis un portrait vivant de la persécution transnationale », témoigne-t-elle.
Face à la persécution transnationale, la solidarité internationale et les actions de plaidoyer demeurent indispensables. Les défenseur·ses des droits humains soutenu·es par PBI demandent au Conseil des droits de l’homme de l’ONU d’agir fermement pour mettre fin à l’impunité de ces crimes, aux violations persistantes des droits humains et de garantir la protection des exilé·es. Enfin, une coopération avec le Costa Rica est nécessaire pour soutenir les enquêtes criminelles et la protection des personnes défenseuses exiliées au Costa Rica.