État du monde
Les États sont les principaux acteurs de la guerre. Ils disposent d’armées, d’armes et des moyens nécessaires pour superviser leur production. La guerre et les moyens de la guerre sont majoritairement menés et utilisés par des hommes, à l’exception des objecteur·rices de conscience, des personnes qui refusent le service militaire ou ne sont pas soumises à la conscription. Les découvertes archéologiques les plus récentes suggèrent que la guerre est un phénomène relativement récent dans l’histoire humaine, apparu il y a quelque 7 000 à 15 000 ans.
Depuis 1945, la guerre est interdite par la Charte des Nations Unies. Celle-ci impose le règlement pacifique des différends et interdit le recours à la force ou à la menace, à l’exception de la légitime défense (dont la définition demeure imprécise) et des actions autorisées pour rétablir ou maintenir la paix.
Les armées peuvent être réparties en trois grandes catégories selon leurs effectifs ou leurs budgets : 1) Les États sans armée ou dotés de micro-armées (moins de 10 000 membres des forces armées). 2) Les États disposant d’armées de taille moyenne (moins de 200 000 membres). 3) Les États possédant de grandes armées, les dix plus importantes comptant plus d’un million de membres.
Pourquoi la non-militarisation est-elle importante ?
L’existence d’États sans armée ainsi que de pays particulièrement attachés à la paix, comme le Costa Rica, démontre que la guerre n’est pas inhérente au modèle sociopolitique de l’État-nation. Il existe des alternatives à la possibilité de faire la guerre, des moyens permettant de s’éloigner progressivement du fléau de la guerre et de développer des solutions plus efficaces que la dissuasion ou le recours à la force.
Après avoir recensé les pays susceptibles d’être considérés comme non militarisés, établi des critères permettant de les identifier, décrit les fondements juridiques de leur absence d’armée et leurs dispositifs de sécurité, l’APRED s’est tournée vers l’identification et la conception de politiques globales de paix. Cette approche rejoint aujourd’hui celle de la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies et s’inscrit dans les orientations du « Pacte pour l’avenir » adopté par l’ONU en 2025, lequel encourage tous les États à élaborer des politiques de prévention de toutes les violences.
Par le biais de l’Examen périodique universel des droits humains de tous les États au Conseil des Droits de l’Homme à l’ONU, l’APRED encourage les pays disposant de petites armées à intégrer celles-ci dans les forces de police et de protection civile ; lesquels deviendront de plus en plus nécessaires pour répondre aux défis liés au changement climatique. L’Île Maurice a toujours maintenu l’ensemble de ses forces de sécurité au sein de la police, tandis que le Vanuatu a réintégré ses forces armées au sein des services de police. La non-militarisation mérite également d’être examinée sous l’angle du genre, certaines recherches suggérant que les femmes sont ou se sentent plus en sécurité dans les pays dépourvus d’armée.
L’étude de la non-militarisation a permis de faire émerger une nouvelle vision de la paix et de mettre en lumière plusieurs constats encourageants. L’un des plus remarquables est que la quasi-totalité de ces pays figure parmi les mieux classés dans les indices internationaux de démocratie.